galilée’s Blog


Au galop !
30 juin 2011, 06:48
Filed under: situer | Tags:



Le petit Poucet et sa grosse voiture
18 juillet 2010, 13:19
Filed under: articuler, situer

Sur la signification première du nom de la ville de “Bagnolet”, les historiens sont partagés. Il y a tout d’abord “Bagnolet” comme une ville historique de bains, bien que rien n’atteste véritablement la présence de ce type d’établissement sur le territoire bagnoltais depuis l’antiquité. Et il y a “Bagnolet” comme “bord”, territoire-limite de la capitale.

Concernant la question de la limite et particulièrement du mot “frontière”, certaines langues disposent de champs lexicaux assez variés pour désigner cette notion. Si la frontière peut se concevoir très artificiellement comme une ligne tracée, une séparation nette, elle peut également avoir un sens plus glissant et nuancé : nous avons aussi la frontière comme fin d’un territoire, le bord d’un tout, terminaison de notre imaginaire de ce qui connu à ce qui inconnu ou inconcevable. Dans d’autres contextes c’est aussi un entre-deux, un espace-limite incertain, une zone. La frontière peut être regardé aussi comme les “confins” d’une continent, sens littéral de l’Ukraine par exemple, terre de confins, un territoire qui attribut une fin à l’Europe et le début vers d’autre contrées.

À cet égard, c’est donc bien le sens de la frontière comme zone qui caractérise aujourd’hui une bonne partie de la ville de Bagnolet : un pan de territoire au bord de la ceinture périphérique de Paris, qui a de plus, la particularité d’avoir été “charcuté” par l’autoroute du nord, séparant la ville en deux. L’échangeur autoroutier mis en place à cet occasion, a généré un véritable no man’s land, éloignant les habitants d’une échelle habitable, empêchant toute lisibilité physique de cet espace urbain. Évidemment, quand le marcheur évolue dans les espaces résidentiels jusqu’à Montreuil ou vers les Lilas, les rues s’organisent et les espaces se hiérarchisent un peu plus. Mais concernant le “Bagnolet” que je “pratique” plus quotidiennement, de celui que j’habite (qui est à l’extrême limite de Montreuil, derrière les puces longeant le périphérique) jusqu’à son cœur administratif (la mairie, le marché), en passant par sa plate-forme d’activité et de rotation (centre commercial, gare routière, buildings d’entreprises), c’est un sacré foutoir régulièrement en chantier, avec dedans des occupants ou des passagers.

Peut-être par besoin de s’affirmer de son identité perdue, la mairie a choisi de représenter les Mercuriales sur ses supports de communication, comme blason de la ville. Ces deux tours très hautes, sont en effet visibles de très loin, aussi loin du moins que le rocher de Vincennes et quiconque s’en approche et les regarde de très près, le nez en l’air, aura cette sensation incroyable que la terre tourne sur elle même. Depuis les hauteurs de la Capsulerie et de par le 20ème arrondissement, ces deux tours rayonnent de la luminosité qu’elles reflètent, même par temps orageux.

Avant même d’habiter dans cette ville, j’ai souvent circulé jusqu’au bout de la rue Belgrand, alors pour moi les confins de Paris, ou à la Porte de Bagnolet pour aller dormir chez ma copine Louise et j’apercevais ce qui il y avait au-delà, les Mercuriales, l’échangeur, l’enseigne “Auchan”, un là-bas que mes yeux d’enfant considéraient comme infranchissable et in-ateignable, tellement ce paysage vu par mes globes oculaires parisiens furent trompé de la distance induite par les dédales circulaires des bretelles de l’échangeur et le vacarme autoroutier. Un espace inconnu que j’ai pourtant pratiqué sans m’en rendre compte lors des retours de vacances en voiture, traversant de nuit les virages de ces voies rapides. Une traversée que je souhaitais infinie tellement elle berçait les souvenirs chéris de mes vacances passés, l’étape ultime avant la rentrée des classes.

Bien plus tard, au cours de ma première année d’étude à l’ENSCI, j’ai enfin franchi ce no man’s land, pour réaliser un exercice d’observation sociologique autour des hypermarchés. “Un dimanche dans un hypermarché”, tel était le sujet tiré du chapeau dans la salle du cours de Marie-Haude Caraës (qui a, par la suite, été l’attentive directrice de mon mémoire de fin d’étude au sujet de la frontière). L’usage d’internet pour rechercher des informations, n’était pas encore pour moi une évidence, et c’est donc par téléphone tout d’abord que je me suis renseigné afin de savoir si les hypermarchés de la petite couronne étaient ouverts le dimanche. Aucun évidemment. Pétrifié à l’idée de me rendre dans l’un de ces temples monstrueux de la consommation, ou du moins de me rendre dans leurs alentours parce que fermés, je prends mon courage à deux mains pour me rendre au centre commercial de “Auchan” à Bagnolet !

Au cours de cette excursion, je n’ai pas vraiment “traversé” l’échangeur de Bagnolet à proprement parler, puisque j’ai pris tout simplement la ligne 3 du métro jusqu’à son terminus Gallieni. Comme tous les visiteurs que je rencontre aujourd’hui et que je renseigne, j’arrive dans cette zone complètement perdue et sans repères. En effet, le simple fait de passer d’un territoire à un autre sans aucune transition paysagère, par les voies souterraines, me désoriente, et ce de la même façon que lorsque nous arrivons dans un pays étranger par avion en passant par les espaces aéroportuaires.

Résidente tout d’abord il y a trois ans dans le quartier de la Capsulerie, j’y habite maintenant et je traverse de long en large en bus ou a pied les différents ponts qui franchissent le périphérique. Ce qui me paraissait infranchissable hier, sont les voies de déplacement que j’emprunte quotidiennement aujourd’hui.

Les chemins pour qu’ils existent ou même qu’ils daignent d’être empruntés doivent être jalonnés de repères reconnaissables, sinon ils sont ignorés, désertés ou bien imaginés vu de loin. Comme le petit Poucet, les individus ont besoin de s’approprier les espaces par eux-même pour pratiquer les territoires inconnus. Du moins, ont-il besoin d’y avoir des clés d’accès pour s’y rendre, des signes culturellement reconnaissables leur permettant une lisibilité de ce qu’ils ne connaissent pas. Si les systèmes signalétiques d’orientation adressés aux automobilistes sont très normalisés et compréhensibles pour les principaux intéressés, je trouve cependant que les espaces hégémoniques générés par l’automobile sont inhumains, illisibles ; et même si ceux-ci sont des voies de communication, il peuvent aussi séparer, éloigner les individus des uns des autres. Avec l’autoroute, nous pouvons traverser des espaces sans connaître ni voir les individus qui s’y rattachent.

Dans un tel contexte on peut voir que la mobilité peut-être un vrai luxe, et ce, pas tant dans ce qu’elle peut coûter, mais dans sa qualité propre et de ce quelle pourrait être par définition : un cheminement à dimension humaine, côtoyant les espaces de vie et les distribuant avec intelligence, laissant voir de loin les espaces que l’on sera amené à parcourir, et un équilibrage du mode de mobilité piétonnier avec celui de la voiture. Un idéal bien évidemment, mais que tout le monde souhaite lorsqu’il s’installe quelque part. Quoi qu’il en soit, se rendre à Paris peut être une transition brutale lors d’un déplacement à pied pour le bagnoltais alors que la capitale y est à 2 min, ou bien une coupure séparant deux paysages urbains distincts pour le visiteur débarquant des boyaux du métro, ou encore une route balisé et lisse pour l’automobiliste de passage, et au milieu l’installation de groupes d’individus en marge, ceux que l’on souhaite garder invisible, et qui existent pourtant bien quelque part, dans les interstices que l’échangeur aura bien voulu laisser. à suivre…



17 ans
8 mars 2009, 11:00
Filed under: situer

me17

Sur la photo, j’ai 17 ans et cela se passe pendant ma semaine d’intégration de rentrée à l’ENSCI. Je m’apprête à jouer avec mes amis Nounja et Sylvain une petite pièce de théâtre accompagnée de la musique « 2001 l’odyssée de l’espace » et de « La Banana » de Bobby Lapointe. Cet exercice nous était imposé dans le but de fait connaissance avec toutes les personnes de l’école. J’avais donc 17 ans, et c’était le début d’une grande aventure industrielle, amoureuse et intellectuelle. Aujourd’hui je me suis levée tôt pour préparer un gâteau au chocolat pour l’anniversaire de mon petit frère Timour. C’est lui qui a 17 ans maintenant. Déjà, si grand et si beau ! En réalité son anniversaire c’est le 12 mars, mais il préfère le fêter aujourd’hui avec sa famille car la semaine prochaine il souhaite inviter tous ses amis. Malgré toutes les complications familiales que Timour a pu subir ces dernières années, je suis admirative de son calme et sa force. Le concernant j’ai beaucoup d’intuitions positives pour son devenir. Depuis qu’il est petit, Timour dessine des cartes pour mon plus grand bonheur, et aujourd’hui il fait un Lycée d’arts appliqués, mais avec beaucoup de difficultés. Peut-être que la fibre artistique qui est en lui à du mal a émerger, Timour étant un jeune garçon extrêmement politisé et engagé, il se laisser souvent disperser par ses idées et ses convictions au détriment des productions graphiques et écrite qu’on lui impose à l’école. Mais c’est de son âge, et je suis d’ailleurs comme lui. Il trouvera sa place quelque part, j’en suis sûre, là où son intelligence, son attitude passionnée et son désir d’exister pourront pendre effet et construire son indépendance. « Valse avec Bachir » sera donc le cadeau approprié pour mon frère.

Aujourd’hui, c’est donc dimanche, et j’ai cette petite sensation de renaissance, Timour à 17 ans, Antonin commence une grande réflexion par la fin, avec son mémoire « finir la musique » dont vous pouvez suivre les grandes lignes sur son blog fraîchement créé et mardi, je rejoins avec un immense plaisir l’équipe de Giuseppe Attoma, avec de nouvelles tâches et de nouveaux enjeux à accomplir.



vues de l’esprit
3 mars 2009, 14:19
Filed under: représenter, situer

Depuis quelques années le web propulse les individualités et les groupes au partage d’informations, à travers des interfaces et des plateformes, dont l’accessibilité et les moyens de représentation sont toujours plus innovants. Je glane depuis un bon moment toutes sortes de sites ou blogs qui possèdent un aspect graphique ou fonctionnel intéressant. Mes favoris sont ceux qui interrogent, de près ou de loin, la question de la représentation du monde. Outre mon intérêt indéfectible pour les univers et pratiques subversives de la cartographie, il y a d’autres visualisations singulières et tentatives schématiques à découvrir grâce à ce formidable outil qu’est la recherche sur le web.

« Elastic lists demo » est une interface interactive intelligente destinée à la recherche et la consultation des prix Nobel. Cinq listes typologiques (prix/genre/pays/décennie/année) filtrent vos recherches simultanément. Aucun pop-up, ni d’aller-retour de page en page, mais une page unique, comme un tableau de bord, qui s’utilise avec moelleux et fluidité.

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« Feltron Eight » est le blog d’un graphiste New Yorkais qui, chaque année, établit un rapport graphique et schématique sur ses activités (le nombre de livres lus ou de miles parcourus en avion, de boissons consommées, etc.). Chaque année, il expérimente des représentations engendrées par ses informations personnelles collectées.
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« News map » est une hiérarchisation interactive des titres de la presse dans le monde (malheureusement pas pour tous les pays !). En deux, trois clics, on visualise les gros titres de quotidiens américains, français ou allemands, mais aussi les centres d’intérêts les plus attractifs ou inversement les plus dissipés de cette masse d’information. Les flux d’information sont mis à jour minute par minute et plusieurs layouts de visualisation sont proposés pour le confort de l’œil… à voir donc…
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