galilée’s Blog


bibliographie de la nostalgie
27 février 2009, 17:09
Classé dans : alimenter, fouiller

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À 7 ans, influencée par mon instituteur, je suis obsédée par tout ce qui a un rapport, littéraire ou imagé, avec les chevaliers de la table ronde, le roi Arthur et le Moyen-Âge. J’accumulais romans, récits, livres d’histoire, chansons populaires et dessins animés, et ma mère m’avait rapporté de Prague pour mon plus grand bonheur des petites figurines de plomb représentant des chevaliers. Aujourd’hui, je n’ai rien gardé de tous ces objets et peut-être aban-donné à d’autres enfants ma folie médiévale. Grâce à mon amie Nounja, j’ai découvert les belles lettres d’Héloïse et Abélard, et je me replonge à présent dans les méandres romanesques du Moyen-Âge.

Après le bain, ma mère me lisait les livres de Roald Dahl et de Pierre Gripari, avec un goût très prononcé pour l’histoire du Prince Pipo, de la princesse Popi et du cheval Pipo, que je lis encore aujourd’hui sans aucune lassitude. « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, « Les croisades vues par les Arabes » d’Amin Maalouf, sont, avec le Prince Pipo, le chevet de mon sommeil.

Chez ma mère, la télévision était prohibée, et c’est pourquoi avec d’autres voisines, j’ai passé beaucoup de temps chez Jean-Jacques qui prenait grand soin de nourrir nos rêves de petites filles de toutes sortes de films. Il m’a transmis cette passion indécrottable pour les comédies musicales, contes animés, Shadoks et autres énergumènes de ce genre. Jacques Demy était évidemment à l’honneur, mais sans oublier tous les films de claquettes, de danses indiennes et de french can can, qui nous ont inspirées de nombreuses chorégraphies dirigées méticuleusement par Elsa.

Chez mon père, nous avions une petite télé et un poste de musique. Mes soirées du week-end étaient consacrées exclusivement au visionnage et au re-visionnage de Fantômas, Rabbi Jacob et la soupe aux choux, mais aussi à l’écoute jusqu’à endormissement du casse-noisette mais aussi de la voix divine de Fairouz qui me fait encore frissonner. Chez maman, contre-culture oblige, on écoutait des disques : des contes musicaux, avec « Pierre et le Loup » de Gérard Philippe mais aussi « Emilie Jolie », de la musique baroque avec Purcell et Vivaldi, de la musique romantique avec Schubert… Si je pouvais trouver un point commun avec mes parents que tout oppose, c’est bien l’amour qu’ils m’ont transmis pour des types comme De Funès, Bourvil ou Fernandel.

J’ai passé beaucoup temps dans les centres aérés (d’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi ils étaient si aériens…). On allait souvent au cinéma du Zèbre de Belleville, et je garde au cœur le conte de Prévert « Le roi et l’oiseau », un dessin animé aussi étrange que sublime.

Les jeudis c’est la chorale de Claire Caillard. Avec Elsa, on chante à contre-ut et sans port de voix, des chants grégoriens, du Bach et du Mozart. Avec l’accordéon de Michèle, sa maman, on a chanté les chants de la commune dans un jardin et aujourd’hui j’aime encore chanter le temps des cerises et parfois rendre visite à son auteur Jean-Baptiste Clément qui repose au Père-Lachaise.